La Mauvaise Foy n° 3

Le numéro trois de la Mauvaise Foy est sorti en ligne, faute de pouvoir l’avoir déjà en version papier. On y trouve un article sur la situation dans la zone de logements à détruire, un état des lieux de la gentrification en cours sur l’aire métropolitaine, ainsi qu’un article sur la gentrification ailleurs. Une grille de mots croisés accompagne également ce numéro. On vous tient au courant quand la version papier voit le jour. Télécharger le numéro.

Toulouse sur le podium pour le mobilier anti-sdf

Médaille d’argent pour la ville de Toulouse qui grimpe à la seconde place du podium des villes les moins accueillantes envers les sans-abri. C’est le constat réalisé par la Fondation Abbé Pierre qui invite les habitant.e.s des grandes villes à alimenter la base de données sur le mobilier de ville répertorié sur twitter #Soyonshumains.fr. Moudenc a beau dire que ce n’est pas le cas et que tout est fait pour les personnes qui dorment à la rue ajoutant que, s’ils sont dehors, c’est qu’ils le veulent bien, son arrêté anti-bivouac et sa politique répressive contre les précaires ne plaide pas en sa faveur. Même notre torchon local a relayé l’info, c’est dire.

Gentrification : pour certain.e.s cela ne va pas assez vite…

C’est le cas de Sophie Franco, qui écrit dans l’Opinion Indépendante, gazette indépendamment proche de la mairie, ou du moins n’allant pas trop à l’encontre de sa politique municipale. Dans un article récemment paru sur le site du journal, elle revient sur le programme « Commerces Avenir », lancé en 2013 qui aura amené bornes d’accès et caméras de surveillance dans un secteur qu’elle trouve « embelli » par tant de bonté municipale. L’objectif est de maintenir le « commerce de proximité ». Et tant pis si cette politique entraîne le remplacement des anciennes boutiques par d’autres plus trendy, la hausse des loyers et le départ des ancienn.e.s résident.e.s pour d’autres plus friqué.e.s. Lire l’article.

Résorbons Moudenc,TESO et les municipales !

Ces dernières semaines, les GJ, opposants et manifestants en lutte contre la retraite à 140 ans ont régulièrement pris pour cible le parti LREM en campagne pour les municipales. A Bayonne et Paris, le jeudi 16 janvier, les manifestants ont fait irruption dans les restaurants où des pontes faisaient leur déjeuner promotionnel. […]

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Grand Matabiau, ex-TESO : ça s’accélère

Le préfet de Haute-Garonne a validé le 16 décembre 2019 la Déclaration d’Utilité Publique de la première phase du projet qui durera jusqu’en 2022 et qui, selon Actu.fr, « a changé d’esprit en changeant de nom ». En fait de changement, seule la hauteur des bâtiments baisse à 35 m. En revanche rien ne change pour les habitant.e.s du secteur Saint-Laurent et Cheminots, copieusement ignoré.e.s par la presse locale et qui devront toujours se barrer quand leur rue sera détruite.

Un siècle d’urbanisation à Toulouse

Le Maire de Toulouse devait inaugurer le vendredi 13/12 2019 les tant attendues Ramblas. En raison de la météo, la fiesta est remise au 23 décembre. En attendant, c’est l’occasion de voir comment les pouvoirs successifs cassent et reconstruisent, nous faisant tourner en rond en s’en mettant plein les poches. Bref retour en arrière pour remettre les choses à l’endroit.

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Pas de délogements ! Les habitants du quartier de la Reynerie écrivent au Maire de Toulouse.

Moudenc et sa clique continuent leur œuvre de démolition des quartiers populaires. Au delà de l’architecture, c’est aussi un modèle social qui est en danger, un modèle à base de solidarité et d’entraide, notions que l’on ne retrouvera plus dans ce que l’on veut nous imposer. Les habitants du quartier de la Reynerie se sont mobilisé.e.s pour écrire la lettre que nous reproduisons en partie ci-dessous.

LETTRE OUVERTE À M. MOUDENC, MAIRE DE TOULOUSE

Monsieur le Maire,

Nous sommes des habitants du quartier de Reynerie, un quartier de Toulouse qui est donc sous votre juridiction.
Nous venons d’apprendre que vous avez décidé de déloger, et donc de déplacer des centaines de familles qui vivent à Reynerie, ce qui nous concerne au plus haut point bien évidemment.
Nous tenons donc par cette Lettre Ouverte à vous faire savoir que nous voulons rester dans notre quartier, dans nos appartements, avec nos proches, nos familles, nos amis.

Par cette Lettre Ouverte nous vous faisons savoir que nous sommes tout à fait opposés à votre projet de délogements et de destructions, et cela pour plusieurs raisons :

1- Nous avons créé dans notre quartier des liens d’entre-aide et de solidarité qui nous permettent de vivre en bonne entente, et qui nous aident aussi à surmonter les nombreuses difficultés qui sont liées à la précarité de certains d’entre nous. Cela nous ne le retrouverons pas ailleurs, pas avant des années dans le meilleur des cas.

2- Un de vos arguments pour justifier ce délogement massif est de dire « il faut changer de population ». Doit-on vous rappeler Monsieur le Maire que nous sommes des habitants du quartier de Reynerie, quartier de Toulouse, ville de France ? Et qu’à ce titre nous sommes la population de Reynerie, de Toulouse, de France comme des millions d’autres habitants de ce pays ?
Nous ne sommes pas à considérer comme de la poussière ou des sacs de pommes de terre ou des meubles que l’on déplace au gré des décisions politiques, idéologiques ou économiques. Nous avons droit au respect de nos vies, de nos familles, de notre histoire dans la ville. Tout cela à nos yeux compte, et nous aimerions que cela compte aussi aux vôtres.

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Toulouse by night

Nous relayons ici un petit communiqué trouvé sur iaata.info

Parce qu’il existe des tas de manières de s’opposer à cette métropole mortifère.

Depuis plusieurs mois, les chantiers de construction d’une zone d’affaires autour de la gare Matabiau a Toulouse continuent dans leur vaste entreprise de destruction de maisons et vieux quartier. Le projet TESO (toulouse euro sud ouest) veut reconfigurer la ville en une métropole technologique, policière et touristique.
Projet gargantuesque qui curieusement implique ces mêmes entreprises qui batissent toujours plus de prisons. Eurovia, succursale de Vinci, a vu pour cela une de ses machines bruler cette nuit du 4 octobre, sur le chantier de gentrification de la place Arago, extension du réaménagement de toute la zone visant a y installer ces cadres dynamiques et flexibles loin de ces rages jaunes, noires et vertes qui convergent.
Contre TESO et les industries de destruction massive et pour la liberté des GJ, prenons celle de rappeler a ces machines qu’elles ne sont pas les bienvenues dans nos quartiers.

Appel à coups de main, enquête au quartier Bonnefoy

Comment vit-on dans tous ces logements insalubres ? Comment est-ce que les habitant.es pensent de la gentrification du quartier ? On a besoin de vous pour en savoir plus.

Vous êtes passé.e.s une fois, ou plus, vous passez souvent… On a besoin de monde pour réussir la mobilisation autour des conditions faites aux personnes qui vivent encore sur la zone à détruire. Nous prévoyons de faire une Assemblée logement le dimanche 17 novembre 2019. Quel plus beau anniversaire des gilets jaunes que de se donner la possibilité de renforcer nos luttes ?

Pour que ça soit un succès nous voulons faire du porte à porte pour :

  • rencontrer les gens ;
  • expliquer la situation ;
  • recueillir des infos précises sur la situation des gens.

Si vous avez trois à heures une fin d’aprem pour nous aider ce serait vraiment sensationnel, en fait on n’y arrivera pas sans vous.

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Graff vs Street-Art : Toulouse Métropole recrute

Si la Métropole a plutôt l’habitude d’avancer à visage découvert en matière d’urbanisme, elle sait aussi progresser masquée en achetant le soutien et le silence de ceux et celles qui mettaient autrefois de la couleur dans la ville, avec l’objectif de faire entrer Toulouse dans le cercle des cités européennes branchouilles mais propres. Aujourd’hui dans le graff l’esthétique remplace peu à peu le message, phénomène contribuant à vider de sa substance une activité qui, il y a peu, était une manière de s’approprier les espaces sans en demander l’autorisation.

« La métropole toulousaine première sur la censure. Après de nombreuses campagnes répressives contre l’expression des habitant.es de la ville, elle innove en ayant recours à des mercenaires. Ainsi elle fait d’une pierre deux coup, elle se valorise sur le marché des métropoles branchées et fait taire les voix dissonnantes. C’est gagnant-gagnant mais peut-être pas pour tout le monde.

Le 24 juillet 2019 une fresque de « street art » est inaugurée sur les bords du périphérique toulousain au niveau des Ponts Jumeaux. Le projet est réalisé suite à un appel municipal auquel ont répondu dix artistes locaux. A priori, la collaboration semble peu cohérente avec la guerre menée depuis plus de vingt ans par la mairie de Toulouse contre les inscriptions urbaines […] »

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