INAUGURATION de la Maison de Quartier « La Fabuleuse » de Bonnefoï

Depuis plusieurs années déjà, Bonnefoy et ses alentours connaissent des attaques répétées de promoteurs, urbanistes et autres politicards de gauche comme de droite. Bulldozers, pelleteuses et machines de chantier sont devenues habitudes ; le voisinage a bien changé… Les maisons sont murées, les habitant-es expulsées et les commerces expropriés ; on assiste pas seulement à la destruction d’un quartier mais aussi à celles des vies qui y habitent. Tout ça pour y installer bureaux, bourgeois.es, trader.s et immeubles d’affaires…
C’est donc bien la lente agonie du faubourg qui est mise en place par les pouvoirs publics.

Face à cela, réapproprions-nous les espaces du faubourg aujourd’hui laissés à l’abandon, pour y mettre de la vie et les ouvrir sur le quartier.

Les 2 et 3 juin nous inaugurerons la Maison de Quartier La Fabuleuse, un lieu ouvert à toutes et tous où l’argent n’est pas une barrière, où les rencontres se font autrement qu’à cause d’un échange monétaire, tout en essayant de faire ensemble attention aux rapports de domination qui nous traversent.

Chaque personne en ayant l’envie, est invité à faire vivre ce lieu, en participant a son organisation, en proposant des activités ou tout simplement en venant y passer du temps !
Un ensemble de projets y seront possible et à construire ensemble : activités pour les enfants, espaces jeux de société, café, aide aux devoirs, une bibliothèque, de la boxe, des fêtes de l’actualisation pole emploi, des lotos, des cantines et bouffes solidaires, des rendez-vous d’autodefense administrative et juridique, des concerts, des cafés anti-teso, des projections, des discussions…
Occuper un bâtiment, le retaper, le faire vivre afin d’en faire un lieu de rencontres, pouvoir y faire des ateliers et activités, partager un café ou un repas, s’entraider, partager nos colères, se sentir moins seules face aux galères en tout genre, faire la fête, bref avoir un espace pour faire ce qu’on veut comme on veut sans rien demander à personne.

Tout commence ! Journées d’inauguration :

Samedi 2 juin, rendez vous à 15h au jardin michelet, aka parc de bonnefoï, pour une après midi de jeux et de joie.
Crêpes et boissons, jeux pour enfants, musique, ballons et confetti. La fête se déplacera ensuite en déambulation fabuleuse afin d’inaugurer la nouvelle maison de quartier.
Retrouvons nous-y pour la découvrir, la faire vivre et l’occuper ensemble.

Dimanche 3 juin, à 15h, retrouvons nous à nouveau à la maison de quartier pour LA Grande AG afin de discuter ensemble de l’organisation du lieu !

Soyons nombreuses !

Que la fête commence !

Pizza-proj – 23 mai – La punta

L’AntiTesoCafé, vous invite à une pizza-proj le 23 mai 2018 à 20h, dans la cour du 4 avenue de Lyon.

Au programme pizza prix libre et le documentaire la punta où l’on découvrira l’histoire de la lutte contre la destruction d’un quartier à Valencia, Espagne, par ses habitant.e.s.

De quoi s’inspirer. Echanger. Découvrir.

Quelques repères bibliographiques

Tu trouveras ci-dessous quelques sources documentaires relatives à la ville, à l’urbanisme, à la métropolisation, à la gentrification. La liste n’est pas exhaustive et sera alimentée progressivement.

Urbanisme et ordre, Miguel AMOROS
Retour sur l’urbanisation en Espagne que l’auteur sépare en trois périodes : l’urbanisme bourgeois, l’urbanisme à outrance et l’urbanisme totalitaire. Extrait : « Les nouvelles méthodes urbanistiques tâchent d’effacer les traces historiques, d’organiser l’oubli. Si l’urbanisme outrancier mit du temps à éliminer les derniers signes des combats livrés pa les anciens habitants contre les classes qui les opprimaient, l’urbanisme totalitaire actuel, qui planifie en grand, change l’identité de ville comme de veste. »

La rue sous haute surveillance.
Extrait du journal Tic-Tac n°8 de mars 1997. Lien
De 1750 à nos jours, évolution de la ville depuis l’époque où les gens vivaient dans la rue et en centre-ville jusqu’à aujourd’hui, où les rues ne sont plus que des voies de circulation.

Retour de l’usine. Le territoire, l’architecture, les ouvriers et le capital.
P.V. Aureli. Traduit de l’italien par Valerio Starita. Lien

Lutte des classes et aménagement du territoire.
Collectif. Lien

Nothing to lose !
Texte écrit par un compagnon français de passage à Bristol lors des émeutes du quartier Saint-Paul en septembre 1986. Lien

Urbaniser pour dépolitiser
J.P. Garnier. Lien

Prenons la ville
Lotta continua. Lien

Un espace indéfendable.
J.P. Garnier. Lien

Métropole, mon amour…

Une émission de Brasero où l’on parle de métropolisation en général et de TESO en particulier. Avec un technocrate qui raconte pas mal de chose sur les futurs travaux…

http://www.canalsud.net/?brasero-Metropole-mon-amour

Brasero, Brassage radio, aujourd’hui on colle à l’aire du temps et on s’écrie en cœur : Métropole mon amour !

C’est fini d’habiter la ville maintenant nous habitons la métropole. Fini la province, nous voilà au cœur du pouvoir, au cœur du progrès, au cœur du futur. L’inflation du discours sur l’urbain marque les politiques municipales qui ont décidé de passer aux choses sérieuses, pour maximiser les profits des un.e.s et l’exploitation des autres.

La métropole est à l’air des services ce que l’usine est à l’air industrielle : l’organisation méticuleuse de nos déplacements, de nos positions et de nos gestes. Pour que s’accumule sans fin le capital des rois de la mine et du rail. Qui, aujourd’hui, comme hier ne font rien d’autre que de dévaliser le travail.

Après un petit explicatif de la métropole nantaise on partira faire un tour de métro ce faisant on rencontrera TESO et d’autres projets fou. On ne ratera pas l’arrêt conte pour la suite et fin de « Mélusine et des sorcières au placard à balai ».

 

Bonne écoute !

Bordéliser la concertation.

Ce mardi avait lieu la réunion publique de « concertation » du projet Toulouse EuroSudOuest (TESO). L’occasion rêvée de venir gueuler aux élites locales ce qu’on pense de leur projet de destruction de Toulouse, de rappeler qu’on n’a rien à négocier avec ces immondices encravatées et de tourner au ridicule leur mascarade démocratique auquel de plus en plus de monde ne semble plus croire. Retour sur une soirée officielle bordelisée dans la joie et la bonne humeur.

Mardi 13 mars, enfin la concertation publique. On est content·e·s, ça fait un moment qu’on l’attendait, surtout que les travaux ont déjà bien commencé.Retour ligne automatique
17h30, quelques personnes se retrouvent et échangent quelques pistes pour empêcher la tenue de cette mascarade.

Mise en bouche
On s’avance par petits groupes vers la grand-messe organisée aux Espaces Vanel (au dernier étage de l’arche de la médiathèque). Démocratiquement, ça commence bien, on est rassuré·e·s : à l’entrée des cars de flics et des vigiles. On est sommé d’ouvrir nos manteaux et nos vestes (ceintures d’explosifs obligent) avant de monter par groupe dans l’ascenseur jusqu’au sixième étage. Là-haut le comité d’accueil est à la hauteur : fouille des sacs, confiscation de divers objets dont une poêle (si, si…) et bien sûr, brigade de flics. La démocratie est bien encadrée. Les bleus s’agitent un peu en reconnaissant certains visages : « Il nous faut des renforts ! ». Va falloir être à la hauteur de leurs attentes ! Dans la salle, 500 personnes et pas mal de cerbères de noir vêtus surveillant la marée de cols blancs. Comme c’est toujours une concertation démocratique, des guides identifié·e·s par leurs petits badges TESO nous invitent à faire part de nos doléances dans une urne posée pour l’occasion. Trois vidéoprojecteurs sont alignés dans la salle ainsi que des centaines de chaises plutôt confortables. Une équipe de cameramen est là pour immortaliser la cérémonie. Mais la salle est à moitié vide. L’ambiance a pas l’air hyper marrante, il faut faire quelque chose.

Dawa
La présentation commence enfin dans l’antichambre de l’argent et de son pouvoir. Après quelques minutes d’une vidéo de synthèse aux allures de pub pour yaourt nous présentant une ville qu’on ne reconnait pas, la médiatrice de la soirée commence son show, nous le nôtre. Alors qu’elle se meut sur le devant de la scène, introduisant les différents agents de la destruction, on se libère de notre ataraxie ! On invective, on gueule, et c’est jouissif de voir tous les visages faire un 180 degrés a la vitesse d’un TGV pour tomber sur nos vilaines ganaches. On injecte un peu de vie dans ce pâté de riches en croûte !

Durant près d’une heure et demie, on n’entendra rien de ce que Moudenc, Garès, et autres Busquets voudront dire et on peu se vanter aujourd’hui que cela soit de notre fait. « Mais elle est où, mais elle est ou, mais elle est ou la LGV ? », « Escrocs ! », « Et les pauvres ? », « Tu prends combien toi Busquets ? », « T’es content Jean Luc, t’as la plus grosse ?! », « Et toi, t’habites où Jean-Luc ? »… Les costards rechignent, la réunion est absolument inaudible. D’ailleurs on le dit, haut et fort comme le reste « Laissez-les parler ! », « On n’entend rien ! ». Mais rien à faire, il semblerait que la puissance vocale soit de notre côté, Jean-Luc et son micro n’arrivent pas à rivaliser… Allez passe le mic MC Jean-Luc ! Sur leur tribune, les cravatés ont des gueules d’enterrements. Zbeul 1 – Technocrates 0.

La farce de la concertation
Au moment des questions réponses, certaines associations expriment leur mécontement : absence d’écoute, aucune prise en compte de leurs remarques, poudre aux yeux. Les déçu·e·s de l’illusion démocratique s’expriment longuement. Certain·e·s semblent comprendre qu’on ne veuille pas, une fois encore, entendre les boniments de cette clique de pourriture en costard.

Dans le public les réactions varient. On a vu des gens râler, mais peu. On a vu des enfants chanter et pas mal de monde sourire. Des personnes venues nous confier que bien qu’étant rester silencieuses, elles n’en pensaient pas moins. Faut dire que c’était un peu morne cette histoire, la gentrification, même bien vernie, ça rase et détruit. On était pas là pour quémander des modifications dans le projet TESO, on connaît sa stratégie d’éviction des pauvres, et on avait pas particulièrement envie d’en entendre plus, on voulait juste saboter leur mascarade. Et à vrai dire, on a trouvé ça plutôt sympa.

Reste qu’on ne s’illusionne pas, le projet TESO, son pôle multi-modal et sa tour méprisante continuent leur chemin et c’est à nous de le prendre de court…Retour ligne automatique
Retrouvons-nous, discutons, sabotons la machine à gentrifier !

Anti Teso Café, 2eme édition

Ce mercredi 7 mars, deuxième édition de l’Anti Teso Café,

Rencontres, discussions, affiches, sérigraphie et projection !

18h-21h, à l’atelier des cheminots, 3, rue des cheminots, Bonnefoy, Toulouse

Affiches, stickers, visuels en tout genre

A l’anti Teso Café ça fourmille dans les cervelles et les paluches, quelques visuels … A diffuser, imprimer, coller.

Pour boire un coup, causer, raler contre les puissants, promoteurs et politicards, se passer d’eux, se rencontrer, trouver des complices y’a l’Anti Teso Café, tous les premiers mercredi du mois, 18h-21, à l’atelier des cheminots, 3, rue des cheminots.

AntiTesoCafé – 1ère édition

Tous les premiers mercredi du mois à l’atelier des Cheminots, du thé et du café autour desquels discuter et se retrouver de la ville qui change, sans nous, contre nous.

18h/21h, à l’atelier des cheminots, 3 rue des cheminots

Un rendez vous mensuel et pérein.

1er avril : faute de poisson, on a promené nos poulets !

Toulouse Euro Sud Ouest, ou TESO pour les intimes, est un projet de restructuration urbaine qui concerne principalement les quartiers de la gare. En 2022, la LGV devrait relier Paris à Toulouse en 3h38 , et il ne s’agirait pas d’accueillir les cadres en transit dans les conditions actuelles ! Comprenez tout de même : des populations précaires, des vieilles places où l’on zone, des maisons vétustes, ça ne fait pas bon genre. Il s’agira donc de faire rayonner la ville à échelle européenne en créant des milliers de mètres carrés de bureaux, de commerces, en virant les habitants du quartier Bonnefoy, en restructurant les allées Jean Jaures comme des ramblas, tout cela bien ordonné et vidéosurveillé comme il se doit. Et puis pour l’image de marque, une fois que le centre ressemblera à n ’importe quel centre-ville, on parera à l’homogénéisation générale en édifiant un emblème aussi grand que vulgaire : l’Occitanie Tower, 150 mètres de mépris.

Place Belfort. 15H00.

Une centaine de personne se sont rassemblées à coté d’un char et de quelques banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « Fight The Tower », « Abattre TESO », « Prendre la rue Sortir de l’impasse ». Parmi ces gens, on peut distinguer les visages flétris et tristes d’élus locaux et autres urbanistes : Jean-Luc Moudenc, maire de la ville de Toulouse, Carole Delgas, présidente de la région, Joan Busquets architecte majeur du projet et Alain Garès directeur général d’Europolia, la société d’aménagement de TESO… imprimés sur des assiettes en carton.

« Ni premier tour, ni tour d’Occitanie ! »

Malgré leur apparence sévère, il faut croire que plus on est de fous plus on rit… Les protagonistes n’ont pas tardé à claironner joyeusement leur mécontentement quant au nouveau phallus géant qui devrait être érigé sur le territoire de la gare Matabiau : « Pierres par pierres, murs par murs, on détruira l’Occitanie Tower ».

  « Bayard , Bayard, Bayard Générale ! »

Entre deux orages, le cortège traverse les endroits touchés par les projets de restructuration urbaine. Devant le siège social de Kaufman and Broad, sur les travaux rue Bayard, en face des locaux de Toulouse Nécropole, des manifestants grimés en acteurs du projet présentent les plans machiavéliques concernant le polissage de la ville, sous les acclamations ironiques du cortège qui prône plutôt l’autogestion.

« Et on promène nos poulets ! »

Depuis le début, les RG sont de la partie, déçus qu’ont leur ait refusé des masques de Moudenc. A Jean-Jaures, les flics se multiplient, comme affamés, et les fourgons nous suivront jusqu’à la fin sous les quolibets. La balade se termine au Houla-hoops, un squat menacé d’expulsion par Vinci, car situé dans le quartier Bonnefoy que restructure le TESO. Les poulets doivent se contenter de nous voir nous y retrouver sous leurs yeux. L’assemblée ne souhaitant pas profiter de leur parole, il leur est sommé de se disperser sous peine d’un lancé de grenade imminent. « Connasse ! » braillent les exclus.

Une assemblée s’est donc tenue à la suite de la balade. L’idée, c’est de ne plus se retrouver à 10 pélos pour lutter par-ci contre la destruction d’un parking gratuit pour en faire la « base de vie » du chantier (Bonnefoy), par-là contre l’expulsion d’un logement, mais de pouvoir dessiner une vision plus générale des avancées de la métropole afin de se coordonner contre cet ennemi commun.

La première partie de l’AG était donc un moment d’échange qui mêlait des prises de parole sur le projet TESO, mais aussi sur le projet Val Tolosa (projet de MÉGA centre commercial à Plaisance-du-Touch), sur la gentrification du quartier Arnaud Bernard, la fin du marché de St Sernin.

Nous avons ensuite tenté d’élaborer ensemble la suite de cette lutte et ainsi décidé que, tous les premiers dimanche du mois, des discussions auraient lieu dans des lieux publics, parcs ou chantiers, pour échanger sur le(s) projet(s) et s’organiser en conséquence.